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De la révolte à la déconstruction : Étude comparative des pensées absurdes dans La Peste d'Albert Camus et Rhinocéros d'Eugène Ionesco
Abstract
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’absurde devient un thème majeur de la littérature française. Cet article propose une étude comparative de La Peste d’Albert Camus et de Rhinocéros d’Eugène Ionesco afin d’analyser leurs conceptions respectives de l’absurde ainsi que les réponses existentielles et esthétiques qu’ils élaborent. Chez Camus, l’absurde se manifeste sous une forme extérieure et concrète à travers l’allégorie de l’épidémie de peste : un fléau aveugle et dépourvu de sens frappe la ville d’Oran. Face à cette catastrophe, les personnages optent pour une révolte collective et solidaire, sans recourir à toute consolation métaphysique. L’écriture adopte une esthétique de la sobriété et du réalisme allégorique. À l’inverse, chez Ionesco, l’absurde tire son origine de l’intérieur de l’être humain, incarné par la rhinocérisation progressive des citadins, symbole de l’aliénation collective, du conformisme et de la montée des totalitarismes. La résistance n’est plus collective mais solitaire, portée par l’antihéros Bérenger, qui refuse instinctivement la déshumanisation. Sur le plan formel, le dramaturge recourt à la déconstruction du langage, au grotesque et à l’hyperbole théâtrale. Si leurs approches philosophiques et esthétiques divergent profondément, les deux œuvres rejettent le nihilisme : elles défendent la dignité humaine dans un monde dépourvu de sens, offrant deux voies complémentaires de la littérature absurde française.
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Journal
International Journal of Linguistics, Literature and Translation
Volume (Issue)
9 (10)
Pages
1-5
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